Intérieur calme

Je possède une maison.
Que j’appelle par son nom

Un toit en toute saison
Chaud comme poil de mouton

C’est un refuge certain
Que j’emprunte quand je crains

La renverse des sens par
L’incroyable modernité

Ils me bouleversent
Tous ces faiseurs d’argent
Dans les bars, ces buveurs
Les trottoirs,
Ces fumeurs,

Ils courent après le temps
Pour mieux nous le voler

Des loups féroces
Pire, charognards

Qui ne s’en iront pas
Qu’ils n’aient dépouillé notre carcasse

Je ne veux pas croire
À leur boniment

À leur précipitation
Qui cause chamboulement

Je veux échapper
À leur mouvement

Je me replie
Sur cet intérieur de coton

Dans un nid de mots doux
Qui rassure pour ce temps

Un exutoire de fou
Qui ramène la langue

À un paroxysme logique
Qui transforme l’âme fine

Je m’y abreuve tout le jour
Et la nuit m’en enveloppe

Ruisseau de montagne
Auprès d’un saule enraciné

J’y retrouve
Un semblant de paix

C’est un pays de cocagne
Qui rend la juste mesure des choses

Un matin d’épousailles
Où tout vous paraît épuré

Un arbre bien aimé
Où l’on revient s’abriter

C’est une verte prairie
Que j’appelle poésie

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