Mon cœur, ce tortionnaire

Mon cœur,
Tu me tortures, mon cœur.
Quand je veux, tu ne veux pas. 
Quand j’aime, tu n’aimes pas.
Quand je marche, tu ne me suis pas.

Quand j’aide, tu me retiens. 
Quand je retiens, tu me lâches. 
Quand je lâche, tu me retiens encore.
Je voudrais te parler, mais tu n’écoutes pas.
Tu n’en fais qu’à ton cœur. 
Et moi, à ma tête.

Et quel est ton déchirement quand le pauvre t’appelle.
Et quelle est ta souffrance quand ton créateur te parle par le chef-d’œuvre de sa création.

Oui, quand tu me l’as révélée, tu étais une plaie ouverte. 
 
Mais quelle est ta consolation quand tu me donnes des frères à aimer. 
Mais quelle est ta joie quand toute la création te parle.

Tu voulais me dire que tu veilles, mais je tremblais encore. 
Tu voulais me parler mais je n’écoutais pas.

Quand je crie tu n’entends pas.
Quand tu cries je n’écoute pas.
Quand tu vis je ne vis pas.

Quand je veux vivre, tu ne peux pas. 
Quand je peux vivre, tu ne veux pas.
Quand nous pourrions ensemble nous ne faisons pas.

Je n’en peux plus de tes perfections.

Car tu me tortures,

Mon cœur.

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